Viva l'opéra ! dans les cinémas UGC

Mon Compte

Mot de passe oublié ?

Pas de compte ? Inscrivez-vous
Se souvenir de moi ?
Alain Duault

Viva l'Opéra !

"Viva l’Opéra !, saison 8 "

Comment composer le programme d’une saisonde Viva l’opéra ? C’est un peu comme composer un gouvernement : il faut du changement dans la continuité, des nouveautés et des valeurs sûres, des audaces et de la sagesse, une volonté de surprendre et la nécessité de mériter la confiance de celles et ceux – vous – qui par leur présence fidèle et par l’effet d’entrainement de leur satisfaction, ce si précieux « bouche à oreille », font que notre assemblée est de plus en plus vaste.
Il y faut donc des poids lourds, représentatifs de la majorité française et italienne, les Manon de Massenet, Faust de Gounod ou autre Traviata de Verdi. Il y faut des ouvertures à des sensibilités différentes comme La Dame de pique du russe Tchaïkovski – ou Don Giovanni de l’autrichien Mozart. Il y faut encore d’autres tenants de la majorité moins connus, Un Bal masqué ou Macbeth de Verdi ou même Andrea Chénier de Giordano. Il y faut jusqu’à des originaux qui donnent du piment à l’ensemble, comme l’Alceste de Gluck dans sa version italienne ou le Don Carlos de Verdi dans sa version française. On peut même y ajouter un poids lourd bien connu, mais « relooké » moderne, tel Werther de Massenet avec un nouvel interprète inattendu. Et puis, bien sûr, il faut composer avec notre grand allié, l’Opéra national de Paris, qui fournit du solide à l’ensemble avec Don Carlos de Verdi mais aussi La Bohème de Puccini, Boris Godounov de Moussorgski ou Don Pasquale de Donizetti.
Mais ce n’est pas tout : il faut des incarnations à
ces tendances regroupées, des visages et des voix qui agrégeront tous les publics, il faut donc des ténors – c’est ainsi qu’on désigne les leaders – et cette saison nous serons servis avec sans doute les cinq meilleurs ténors du monde : dans l’ordre d’apparition Rolando Villazón, Jonas Kaufmann, Vittorio Grigolo, Misha Didyk et Roberto Alagna ! Mais que serait un ténor sans une soprano ? Les plus grandes seront aussi présentes bien sûr dans ce gouvernement des plaisirs lyriques, les Natalie Dessay, Anja Harteros, Sonya Yoncheva, Patrizia Ciofi, Aida Garifullina, Martina Serafin, Eva-Maria Westbroek, Carmela Remigio, Svetlana Aksenova, Inva Mula, Nadine Sierra ou Olga Peretyatko. Et puis les mezzos ou les barytons, d’Elīna Garanča à Erwin Schrott ou de Ludovic Tézier à Joyce DiDonato en passant par Larissa Diadkova, Florian Sempey et George Petean, sans oublier les basses comme Samuel Ramey, Ildar Abdrazakov ou Michele Pertusi. Enfin, pour dynamiser tout cela, il faut sans aucun doute des chefs (de partis !) qui mènent leurs troupes à la baguette : de Zubin Mehta à Philippe Jordan, de Gustavo Dudamel à Mariss Jansons ou Vladimir Jurowski, là encore les meilleurs seront là. Et je n’aurai garde d’oublier ceux qui éclairent les débats, ceux qui donnent des couleurs à ces affrontements toujours latents, les metteurs en scène : de David McVicar à Krzysztof Warlikowski ou de Jean-Louis Grinda à Claus Guth, Christof Loy, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, Pier Luigi Pizzi, Benoît Jacquot, Stefan Herheim, Ivo van Hove, Damiano Michieletto et… Rolando Villazón. Tous les styles se succéderont pour tenter de dire la vérité de ces œuvres.
Tout est donc en place : le gouvernement des plaisirs lyriques est riche de personnalités et de promesses, il ne reste plus au Président qu’à donner le la pour que tout se déploie pour les plus grands des bonheurs – et ce Président, c’est vous !



Alain Duault
France 3, Radio Classique, Opera online
Directeur artistique de Viva l’opéra !